Mais j'y étais, moi, sur le rempart. Je les ai vu arriver, tous les types à cheval avec leurs armures et leurs grosses machines en bois pour lancer des pierres. J'étais sur le rempart ! Normal, c'était mon tour de garde. Enfin, pour moi, les tours de garde, c'est tous les jours... Et c'est normal, je ne cherche pas à me défiler. En tant qu'habitant unique de ma ville fortifiée, cette mission de surveillance me revient tout naturellement, comprenez-vous ? Et j'en suis fier. Et la taille modeste de ma chastellerie ne me fera jamais baisser les yeux devant quiconque. Ma bonne cité de Hurlelande occupe une superficie de 20m² et s'élève à 7 m de hauteur, ce qui n'est pas si mal si je la compare à celle de cet imbécile à tête de cochon, Gaultier mon cousin (5 m de hauteur, ha, ha!). J'étais vraiment donc sur le rempart ! Et je les ais vus ! Six mille hommes au bas mot, sans compter la valetaille crotteuse. Je me trouvais pile en face d'eux... puisque j'étais sur mes remparts ! Je ne pouvais pas les manquer. Mais ces lâches ont fait semblant de ne pas me voir. Ils ont refusé le combat. Pleutres pendards qui osent arborer le titre de seigneur ! Fou de rage, je n'ai pu m'empêcher de décocher une bonne tripotée de traits d'arbalète vers cette cohorte de misérables jean-fesse. J'ai blessé (légèrement) une poule... et je ne le regrette pas ! Pourquoi nous, les petits et les méritants, devrions-nous rester sans réagir devant ces arrogants messeigneurs . Jamais je n'accepterai d'être ainsi humilié. Je suis sur le rempart et j'y reste ! N'essayez pas de me raisonner. Je ne cèderai pas. Je suis sur mon rempart ! Et maintenant, foutez-moi la paix, palsambleu que diantre !