J'ai bien vu, sur votre visage blanc comme de la cire, que quelque chose n'allait pas. Vous d'ordinaire si volubile, vous ne pipiez mot et restiez planté au milieu de votre enclos à kangourous, raide comme un piquet de bois. Puis vous avez toussoté faiblement, pour ensuite tousser de toute la force de votre glotte jusqu'au moment où un spasme vous a plié en deux. Vous avez alors craché, d'un seul jet, un koala adulte qui est allé se réfugier dans les branches d'un arbre alentour. Satané gaillard ! Vous aviez un koala coincé dans l’œsophage ! Pourquoi ne pas l'avoir dit plus tôt, bougre d'âne ? Un jour, votre tendance – maladive – à ne pas vouloir confier vos petits soucis risque de vous être fatale. Je me souviens que vous vous étiez comporté de la même manière, la fois où vous étiez resté bloqué 24 heures sous un éléphant d'Afrique. Vous étiez totalement muet et immobile, et n'aviez même pas pris la peine d'informer vos proches (morts d'angoisse) de la situation dans laquelle vous vous trouviez. Heureusement que Jean-Louis, le spéléologue des couches argileuses, passait dans le coin. C'est lui qui a vu votre jambe à la lumière de sa lampe frontale et qui a pu, avec rapidité, prévenir les secours en surface. À l'avenir, tâchez d'être moins cachotier, d'accord ? Mais où êtes-vous passé, tout d'un coup ? Sortez de ce photocopieur, je vous ai vu y entrer par le tiroir des feuilles A3. Espèce de coquin.