Le procureur de la République du tribunal de Strasbourg n'a pas eu de mots assez durs pour fustiger le comportement de Dzemal Oznu, jeune homme d'origine bosnienne qui faisait commerce de statuettes de chiens qu'il volait dans les cimetières. Le prévenu, âgé de 75 ans, opérait dans le secteur de Wissemburg, à 60 km de Strasbourg, dans une zone située en dessous du 50e parallèle nord. Grâce à la complicité d'un ferrailleur hongrois établi à Karlsruhe (Allemagne), le voleur écoulait les statuettes canines auprès de riches clients d'Europe, des pays du Golfe, d'Amérique latine mais aussi d'Amérique du Nord (Canada compris) et de biens d'autres endroits encore dans le monde comme la Chine ou l'Inde, par exemple. Malgré la plaidoirie de l'avocat qui a fait valoir que les statues de chiens avaient – sans jeu de mot – un « statut très particulier » dans la région de Bosnie d'où Oznu est natif, les juges ont condamné le violeur de sépultures à 6 mois de réclusion dans le chenil de Wissergersheim (Haut-Rhin). En outre, le jeune homme devra verser aux familles des petits décédés une indemnité forfaitaire calculée au prorata du poids et des dimensions de chaque effigie. Un verdict bien lourd, selon la défense qui, pendant tout le procès, n'a pas ménagé sa peine pour lancer de nombreuses attaques depuis le blockhaus installé pour elle sous les beaux lambris de bois sombre du tribunal. Dzemal Oznu (prononcer « oznou ») a tenté lui aussi de se défendre en balançant à travers la salle d'audience un certain nombre de ses complices, de gabarits divers mais possédant tous en commun une haine féroce envers les chiens défunts. L'ensemble du butin récolté par ce qu'il convient d'appeler une bande organisée s'élève tout de même à environ 100 000 euros, soit 32 statuettes pour la plupart en bronze mais aussi, ce qui est plus inattendu, en mie de pain ou en Légo !

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